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En Israël sur les pas de Jésus

Pour faire ce voyage accompagné de préférence de quelques bons livres d’histoire et des Evangiles, comptez une semaine. Les sites proposés ne sont qu’une sélection sur les pas de Jésus en Israël. Il vaut mieux vous renseigner auprès du ministère des Affaires étrangères avant de vous rendre en Israël et ensuite d’avoir de préférence un guide qui dispose de la possibilité de se déplacer facilement dans tout le pays. La circulation peut en effet être délicate entre Israël et les territoires palestiniens avec des contrôles aux check-points le long du mur.

L’Empire romain couvre au temps de Jésus l’Europe occidentale, la Grèce, l’Asie mineure et l’Afrique du Nord. Il est stable et en paix. C’est la période de la Pax romana organisée par des lois et une administration efficace. Des routes relient les cités, le commerce est florissant, la latin et le grec sont des langues "internationales" et le denier romain, la monnaie universelle à laquelle font allusion de nombreuses paraboles de Jésus.

Mais la Paix a un prix. La Palestine fait partie de ce vaste empire depuis 63 avant JC, ce qui présente bien des avantages mais la majorité des habitants n’apprécie guère la présence de ces païens romains. L’agriculture et la pêche sont les bases de l’économie et sont à la source de nombreuses paraboles du Christ également. A la mort d’Hérode le Grand en 4 avant JC, son royaume est partagé en trois domaines confiés chacun à un de ses fils. L’un d’eux, Hérode Archelaus, inefficace, est remplacé par un gouverneur romain, Pilate, qui, de 26 à 36, doit faire face à de nombreuses révoltes qui ont pour but le rétablissement d’un royaume juif. C’est lui qui fera crucifier Jésus parce que celui-ci se proclamait roi des Juifs.

* A l’arrivée en Israël, on passera plusieurs jours à Jérusalem pour découvrir les richesses de cette ville splendide. Jérusalem était une place commerciale majeure à l’époque de Jésus avec sept marchés différents dans le Nouveau Testament, écoulant 118 produits de luxe étrangers (bijoux, soie, verrerie).

Deux vallées, celle de la Géhenne et la vallée Cédron, séparent la vieille ville de Jérusalem du Mont des Oliviers.

Le Temple se trouvait sur la butte qui domine la ville et qui est aujourd’hui l’esplanade des Mosquées. La reconstruction du Temple a été la grande œuvre d’Hérode le Grand à partir de 20 avant Jésus-Christ. La famille des Hérode était originaire d’Idumée (Edom) au sud de la mer Morte. Ils n’étaient pas juifs. Ils étaient soutenus par Rome et avaient constitué autour d’eux le groupe des Hérodiens qui se joignirent aux Pharisiens contre Jésus. Les Romains détruisirent le Temple en 70 à la fin de la guerre contre les Juifs. Le seul élément qui en subsiste du temps de Jésus est la partie basse du mur ouest appelée le mur des Lamentations.

Les activités du Temple étaient contrôlées par la secte des Saducéens, très influents descendants du grand prêtre de Salomon, et gouvernées par le Sanhedrin, conseil suprême juif. Les Saducéens s’étaient alliés contre Jésus aux Pharisiens, plus nombreux et moins conservateurs qu’eux. C’est le Sanhedrin qui jugea Jésus et manipula les Romains pour s’assurer de la mort du Christ. C’est ainsi qu’ils le crucifièrent, même s’il semble que Pilate aurait préféré qu’il soit relâché. Jésus n’avait pourtant jamais parlé contre le pouvoir romain et avait encouragé le peuple à "rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu".

Les Juifs s’y rendaient trois fois par an pour les grandes fêtes. Jésus s’est opposé non à la foi des Juifs - qu’il disait être venu pour l’accomplir et non l’abolir - mais aux interprétations des leaders religieux qu’il disait éloigner le peuple, de Dieu.

L’esplanade est actuellement un point de cristallisation du conflit religieux car l’esplanade est maintenant gérée par les Musulmans alors que les Juifs cherchent toujours autour l’arche d’alliance. C’est un endroit splendide au pied duquel se trouve le Mur des Lamentations. La mosquée Al-Aqsa est à l’emplacement du Temple et quelques pas plus long le Dôme resplendissant couvre le Rocher qui est pour les Juifs le lieu où Abraham voulait sacrifier son fils Isaac, tandis que pour les Musulmans, c’est celui d’où Mahomet s’est envolé sur un cheval ailé. Le rocher n’est visible aujourd’hui que pour les musulmans qui peuvent pénétrer dans ce lieu de culte.

C’est ici que l’Enfant reçoit à 8 jours le nom de Jésus et est circoncis. Cinq semaines plus tard, il est consacré à Dieu, comme tout premier-né, dans le Temple où Siméon, un homme pieux, et Anne, une prophétesse, révèlent qu’il est l’Oint du Seigneur.

Jérusalem, au centre l’esplanade des Mosquées avec à gauche la mosquée Al-Aqsa à l’emplacement de ce qui fut le Temple

Au sud du Temple, se trouvait la ville basse, celle des pauvres avec ses ruelles, ses maisons étroites et ses marchés bruissants. Les murailles qui l’entourent ont été élevées en 1514 sous Soliman, sur une base antique du temps d’Hérode dont les pierres sont plus larges. A l’ouest, la ville haute, dominée par le palais d’Hérode, était lotie de riches villas.

Le ministère de Jésus fut assez limité à Jérusalem jusqu’à la dernière semaine de sa vie car les leaders religieux s’opposaient à son message, ayant même envoyé des sbires en Galilée pour essayer de le faire prisonnier.

On suivra les derniers jours de Jésus en partant du haut du Mont des Oliviers pour profiter du panorama sur Jérusalem. C’est là que Jésus enseigne, c’est de là qu’il fit son entrée triomphale dans Jérusalem et c’est enfin le lieu de l’Ascension.

Sur les flancs de ce mont qui fait face, du côté du soleil levant, à la ville de Jérusalem se trouve le plus grand cimetière juif du monde, aux dalles de pierre claire. Car les morts enterrés ici seront les premiers ressuscités lorsqu’apparaîtra, selon la tradition juive, le Messie sur le Mont des Oliviers.

L’église de l’Ascension commémore le souvenir de la montée au ciel du Christ quarante jours après sa Résurrection. C’est un édicule qui faisait partie d’un complexe plus vaste comprenant une église et un monastère chrétiens à l’époque des Croisades et qui aujourd’hui est intégré à la Mosquée de l’Ascension.

Eglise de l'Ascension

Elle se trouve au sommet du Mont des Oliviers, à 818 m au-dessus du niveau de la mer4. On y voit dans la pierre, la dernière empreinte du pied de Jésus sur terre.

Le Pater noster est la grotte des enseignements de Jésus pendant la Semaine sainte. Le panorama sur Jérusalem est époustouflant.

A mi-pente, on commémore la lamentation de Jésus sur Jérusalem qui refusait d’accueillir son message, le Dominus flevit, dans une chapelle latine très originale en forme de larme, dont le retable consiste en une baie vitrée ouvrant sur l’esplanade du Temple et le dôme du Rocher.

Vue de la chapelle du Dominus flevit

Au plus bas du mont, se trouve la basilique de Gethsémani, où devant l’autel, est vénérée une roche sur laquelle Jésus aurait prié avant sa Passion. On peut se recueillir dans le jardin de Gethsémani en demandant l’ouverture du lieu.

Revenu dans le souk de Jérusalem, on suivra la Via Dolorosa avec les stations du chemin de croix et on terminera le pèlerinage dans l’église du Saint-Sépulcre, édifice complexe qui enferme le Golgotha et le Sépulcre, à quelques pas l’un de l’autre. On dit que sainte Hélène fit construire vers 324 une église sur l’église primitive. Elle avait trouvé une crypte où étaient les croix de Jésus et des deux larrons. Les Croisés ont ouvert vers l’est et ont agrandi l’église pour que le Golgatha soit à l’intérieur. On y voit des chapelles copte, arménienne et orthodoxe. C’est une famille musulmane qui a depuis trois siècles les clés de ce lieu sacré.

Nous conseillons d’y aller très tôt, vers 4h du matin, lorsqu’on parcourt les ruelles du souk dans le noir avec quelques chats errants sur les pierres et que l’église est baignée de mystère, de brume dans les recoins et résonne de quelques psalmodies. Le rocher du Golgotha est alors plus émouvant. Ensuite l’afflux des pèlerins est tel que le charme disparaît. Mais il faut en passer par là si on veut entrer dans le saint des saints, où se trouve le tombeau qu’on atteint au bout d’une attente qui peut durer plusieurs heures, car des personnalités très nombreuses coupent la file pour de petites cérémonies.

On voit aussi la pierre de l’onction sur laquelle dans la tradition juive on prépara le corps avant de le mettre au tombeau. Le jour des funérailles de Jésus était Pâque, jour de fête : on n’avait pas le temps de préparer un tombeau et on a pris le premier qui était vide. Comme Jésus avait été condamné à mort, il était interdit de l’ensevelir avec d’autres Juifs. Il y a environ 5 m entre la tombe de Jésus et celles des Juifs. A l’époque, ces tombes étaient bien sûr à l’extérieur de l’église.

On pourra encore découvrir Saint-Pierre de Gallicante sur le lieu où Pierre a renié le Christ et où le coq a chanté. Sur la fresque, saint Pierre est en méditation ; l’église de l’Assomption est sur le site du palais de Caïphe et de la prison ; l’église de la Dormition voisine du Cénacle ; la piscine de Bethesda, alimentée par des sources, dans laquelle les invalides se rassemblaient croyant que lorsque les eaux se troublaient, le premier à sauter dedans était guéri. Jésus guérit ici un homme paralysé depuis 38 ans que les autres empêchaient de sauter dans l’eau.

* Taybeh

Ce village chrétien en Cisjordanie à 30 km au nord de Jérusalem, est au bord des déserts de Samarie et de Judée. Ce serait Ephraïm dans la Bible, le village où se réfugie Jésus qui y avait des amis, après la résurrection de Lazare. De là, il se rendit au désert pour prier et jeûner pendant 40 jours. Les environs sont rocailleux, semés de buissons et d’oliviers très courts. Les villages sur les hauteurs sont couleur de pierre.

* Bethléem

Peu de temps avant la naissance de Jésus, Joseph et Marie se rendent de Nazareth jusqu’au sud de Jérusalem, à Bethléem, où avait lieu le recensement de population. L’auberge était pleine de monde pour ce recensement et il n’y eut qu’une grotte voisine qui servait à stocker les provisions et parquer les animaux qui put leur être offerte pour être au chaud et au calme pour l’accouchement. L’Enfant naît là. Ainsi s’accomplissait ce qu’avait prophétisé Michée, 700 ans plus tôt.

"Elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie" (Luc 2:7). La crèche était une auge de pierre qui, remplie de bonne paille, fit un excellent berceau.

Des anges guident des bergers vers ce lieu pour voir le Sauveur. Sur une colline d’où on domine la vallée et la ville, face aux colonies juives avec leurs barres d’immeubles, se trouve le Champ des bergers où se trouve une église franciscaine et dans une grotte, une chapelle.

L’église de la Nativité, voisine de l’église Sainte-Catherine, renferme le tombeau de saint Eusèbe et le lieu où serait né Jésus.

Des astrologues persans attirés par une étoile inhabituelle apportent quelques temps plus tard des cadeaux symboliques dans la maison occupée alors par la famille : l’or, le métal le plus précieux, montre sa nature royale, l’encens brûlé lors des prières, son rôle de prêtre, la myrrhe utilisée pour les embaumements, sa mort pour l’humanité entière. Leur venue le 6 janvier, est appelée Epiphanie, d’un mot grec signifiant "apparaître".

Le roi Hérode, alerté par ces rois mages de la naissance du roi des Juifs fait assassiner tout petit garçon de moins de deux ans à Bethléem pour être sûr de ne pas avoir de rival. Joseph et Marie s’enfuient vers l’Égypte pour protéger leur enfant.

Bethléem, le croissant, l’étoile et la croix

L’étymologie de Bethléem est « maison de la viande » en arabe ou « maison du pain » en hébreu. Jésus en naissant ici devient « le pain vivant descendu du ciel » pour Bernard de Clairvaux au XIe siècle.

* Désert de Judée et Mer morte Divers déserts ont joué un rôle important dans l’histoire juive et les prophètes avaient annoncé que le Messie viendrait du désert. C’est la raison pour laquelle des foules immenses ont suivi Jean lorsqu’il a commencé à prêcher dans le désert de Judée en marchant sur des chemins très escarpés, ce qui explique l’exhortation de Jean :

"Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ces sentiers. Ce Jean avait un vêtement en poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Alors venaient vers lui de Jérusalem toute la Judée et toute la région du Jourdain. Les gens se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en avouant leurs péchés" (Matt. 3.5)

Après le baptême par Jean, Jésus va passer 40 jours en jeûne et prière dans le désert de Judée où le diable le tentera en lui proposant de réaliser des miracles. Jésus désarme le démon avec des citations des Ecritures.

Point n’est besoin de s’enfoncer très profondément dans le désert pour en avoir une idée. A l’ouest de Jérusalem en allant vers Kumran, on peut en apprécier la rugosité et la grande beauté, par exemple lorsqu’on domine le monastère orthodoxe de Saint-Georges en Kosiba, du XVIIe siècle, l’un des plus beaux sites du désert de Judée, sur un des flancs du Wadi Quelt.

Saint-Georges en Kosiba Saint-Georges en Kosiba

C’était à l’origine une laure, une grotte comme il y en a tant dans les flancs de la roche. Une petite route permet de nouveau d’y accéder depuis 2011. Ce fut pendant trois ans l’abri du prophète Elie, fatigué avant son ascension près du Jourdain, et ce serait le lieu de l’annonciation par l’archange Gabriel à Anne qui était stérile qu’elle enfanterait Marie.

C’est aussi dans les environs que Jésus a rencontré le bon Samaritain.

* Le Jourdain

Jésus commence son ministère à 30 ans en se faisant baptiser par Jean dans le Jourdain, non pour se laver de péchés, mais en s’identifiant à la race humaine. Après le baptême, "le ciel s’ouvrit, et l’Esprit-Saint descendit sur lui sus une forme corporelle, comme une colombe. Alors il y eut une voix qui venait du ciel : "Tu es mon Fils bien-aimé : tu as toute ma faveur" (Luc 3:21-22)

Le Jourdain Le Jourdain

Environné de champs de mines interdits, c’est un petit cours d’eau boueuse où affluent les pèlerins. Elie serait monté au ciel dans un tourbillon près du Jourdain. La tradition juive attend son retour. L’endroit est joyeux, chacun voulant se plonger dans l’eau, avec défense de dépasser la ligne qui sépare Israël de la Jordanie. Des militaires, assez nombreux, veillent de chaque côté.

La vallée du Jourdain qui longe la Jordanie est très agricole, ce ne sont que champs, vergers, palmeraies mais surtout maintenant sous serres. C’est une gigantesque serre de plastique, y compris au-dessus des arbres comme les bananiers et les dattiers. Tous ces plastiques encombrent aussi les bords des routes. La nature n’est pas entretenue.

* Jéricho

On dit que c’est la ville la plus ancienne du monde. S’il n’y avait pas encore de rempart entre 1250 et 1100 avant Jésus-Christ, une population abondante peuplait le site dès 9000 ans avant JC. C’est aussi la ville la plus basse du monde puisqu’elle est à 240 m au-dessous du niveau de la mer. C’est une oasis, un paradis dans le désert (dattes, bananes, fruit du sycomore).

Hérode avait ici un palais. De Jéricho, on aperçoit le mont de la Tentation, où Jésus a jeûné pendant 40 jours pour résister à Satan et le monastère de la Perdrix, oiseau qui sautille, ce qui rappellerait le saut du Christ de Jérusalem au Jourdain. C’est ici que Jésus a annoncé pour la première fois sa mort.

* Nazareth est à 140 km environ au nord de Jérusalem par la route et il faut compter près de 2h pour y parvenir.

Marie et Joseph vivaient ici dans ce qui était à l’époque un village païen de 200 habitants où habitaient aussi des Juifs. Son étymologie viendrait de « Netzer », famille du roi David. C’est aujourd’hui la plus grande ville arabe d’Israël avec 80 000 habitants.

C’est là que Marie a raconté à Jésus l’incroyable histoire de sa conception et de sa naissance. Quand l’ange Gabriel apparut à Marie pour lui dire qu’elle allait être enceinte et porterait le Fils de Dieu, elle répondit : "Comment le serais-je puisque je suis vierge ?" Joseph lui aussi douta et pensant avoir été trompé, songea à rompre le projet de mariage. Des révélations leur prouvèrent que ce qui leur semblait impossible se réaliserait. Joseph fit un rêve dans lequel il apprit que l’enfant de Marie avait été conçu par le Saint-Esprit. Pour Marie, la preuve vint de ce que sa parente stérile, Elisabeth, allait aussi enfanter.

Par cette naissance, Dieu a refondé l’humanité. Jésus était un être d’une nature toute nouvelle, car né de Marie et de l’Esprit saint, il n’était pas de la race d’Adam et d’Eve et était ainsi sans péché. C’est pourquoi par sa mort, il a pu racheter le péché des hommes.

Joseph et Marie ont quitté Nazareth pour aller se faire recenser à Bethléem peu avant la naissance de Jésus, puis ont fui vers l’Egypte pour échapper au massacre des Innocents. Après la mort d’Hérode, ils ont regagné la Judée et enfin Nazareth.

Vivant en Galilée, Jésus a sans doute appris les langues grecque, hébraïque et araméenne. Mais rien n’est connu de ses jeunes année, à part un voyage à Jérusalem lorsqu’il avait 12 ans. Il est probablement instruit à la synagogue locale et formé par son père au métier de charpentier ou d’entrepreneur, ce qui peut expliquer les nombreuses allusions à la construction dans les prêches de Jésus. Il est probable qu’il ait travaillé avec son père à Sepphoris, une ville de 30 000 habitants à quelques km au nord de Nazareth, dont Hérode Antipas avait fait sa capitale. Joseph est sans doute mort jeune, ce qui peut expliquer que Jésus soit resté auprès de sa mère jusqu’à l’âge de 30 ans, jusqu’à ce que ses frères et sœurs soient en mesure d’être indépendants. En travaillant de ses mains chaque jour, Jésus a montré que ce n’était pas un obstacle à une vie spirituelle, mais que le travail manuel faisait partie de la vie.

Dès le VIe siècle au moins, une basilique fut construite sur le site considéré selon la tradition chrétienne catholique comme celui de l’Annonciation ; les chrétiens orthodoxes croient quant à eux que l’Annonciation aurait eu lieu à l’emplacement de l’église Saint-Gabriel. La basilique actuelle (ci-dessous) est une reconstruction lancée en 1954 et consacrée en 1969. C’est la plus grande église du Moyen-Orient et elle est gérée par les Franciscains. Dans la partie basse de la basilique, se trouve l’emplacement de la grotte où aurait vécu Marie. De l’esplanade, on peut découvrir des restes archéologiques dont les plus anciens dateraient du Ier siècle.

Nazareth église de l'Annonciation La basilique de l’Annonciation

* Le Mont Thabor

De forme circulaire, il domine de ses 588 m les plaines alentour. Son nom désigne le nombril auquel il ressemble. Il est mentionné dans les trois principales religions monothéistes. Il n’a jamais été habité que par des moines et moniales et a toujours été considéré comme un lieu saint.

Il est traditionnellement considéré comme le lieu de la Transfiguration du Christ même s’il n’est pas mentionné dans le Nouveau Testament. Celle-ci est fêtée le 6 août. La Transfiguration est le changement d’apparence corporelle de Jésus pendant quelques instants de sa vie terrestre, pour révéler sa nature divine à trois disciples. Saint Louis sur le Mont Thabor aurait de là regardé Nazareth, ses vieilles pierres, et aurait baisé la terre.

Des moines franciscains s’y sont installés au XIXe siècle et ont fait construire en 1919 l’église actuelle ornée de mosaïques.

Le panorama est magnifique.

* La mer de Galilée ou lac de Tibériade Environné de collines dans les vallées desquelles s’engouffrent les vents et les tempêtes en raison des différences de température, ce lac d’eau douce à 200 m sous le niveau de la mer et dans lequel coule le Jourdain abondait en poissons. Son nom est Kinnereth en hébreu car il a la forme d’un violon. C’est aussi une source d’eau importante pour Israël. La maîtrise de l’eau est une des sources économiques principales du conflit en Israël. Ses berges étaient vivantes dès l’Antiquité et on y a trouvé les ruines de douze villes. Les bords du lac sont importants pour l’histoire de la Chrétienté car c’est ici qu’ont eu lieu de nombreux épisodes importants de la vie de Jésus et la plupart de ses 35 miracles : la tempête apaisée (Lc 8, 12,25), la pêche miraculeuse (Lc 5, 4-6), la marche sur l’eau, la dernière apparition aux disciples alors qu’il était ressuscité (Jn 21, 1s).

Sur le lac de Tibériade

Traversez la mer sur un des vieux bateaux en méditant sur les épisodes de la tempête et de la pêche miraculeuse.

* Capharnaüm

Cette ville traversée par la Via Maris, la plus importante voie commerciale à l’époque, était un centre économique majeur et un lieu de douanes.

Lorsque Jésus eut quitté Nazareth où il n’était pas bien vu et où il faillit être jeté d’une falaise après son premier sermon, Capharnaüm devint la base à partir de laquelle il "se mit à circuler dans toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, proclamant le Bon message du royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple" (Matthieu 4:23). Il y guérit le paralytique, le serviteur du centurion. C’est là aussi que Jésus changea l’eau en vin lors du mariage d’un humble couple et accomplit d’autres miracles.

Quatre des douze apôtres, Simon Pierre, les frères Jacques, Jean et André, fils de Zébédée, sont des pêcheurs de Capharnaüm. Pierre, Jacques et Jean sont les amis les plus proches de Jésus.

Vous y découvrirez les vestiges du village aux maisons resserrées, sans rues avec les bases d’une église octogonale et de la maison de Pierre. Cette architecture permettait de se protéger des pillards, avec le moins d’ouvertures possible, sauf par les toits. C’est la raison pour laquelle le paralytique passe par le toit.

De l’autre côté de la chaussée principale bordant le village, découvrez les ruines majestueuses de la synagogue dans laquelle Jésus a prêché.

* Tabgha

Voici le lieu du miracle de la multiplication des pains et des poissons par le Christ. C’est le seul miracle relaté dans les quatre Evangiles. Jésus permit de nourrir 5000 personnes avec cinq petits pains et deux poissons, maigre pitance d’un jeune garçon. Jésus annonça après ce miracle qu’il était "le pain de vie. Celui qui viendra à moi n’aura pas faim, et celui qui croira en moi n’aura jamais soif. " (Jean 6:26-35).

L’actuelle église de la Multiplication construite en 1980-1982 est sise sur les vestiges d’une église du IVe siècle et d’une basilique du Ve siècle détruite par l’invasion perse de 614. Le site a été acheté par la Mission catholique allemande de Palestine en 1888 et fouillé au XXe siècle. Les recherches archéologiques ont permis de mettre au jour de magnifiques mosaïques des IVe et Ve siècles représentant des oiseaux et des plantes aquatiques ainsi que la multiplication des pains et des poissons. Nous avions visité cette belle église en 2013 mais n’avons pas idée de son état actuel car elle a été profanée peu après puis incendiée en 2014 par de jeunes extrémistes juifs.

* Le Mont des Béatitudes, colline au nord de Tabgha

C’est le site des sermons dans la plaine et sur la Montagne où Jésus proclama : « Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu »

La vue de ce mont sur la mer de Galilée est magnifique. Relisez quelques passages de ce beau sermon de Jésus. Les Béatitudes indiquent comment être heureux dans notre vie quotidienne en suivant les conseils de Jésus même au-delà des souffrances. Elles présentent un idéal chrétien tel qu’enseigné par Jésus fondé sur l’amour, l’humilité, la clémence et la compassion.

Au pied et non sur le mont, se trouverait la vraie grotte (non signalée) où Jésus s’est rendu pour prononcer le discours dans la plaine.

Pour compléter le voyage

* Regardez le magnifique film de Pasolini, l’Evangile selon saint Matthieu (1964)

* Lisez la très belle Vie de Jésus d’Ernest Renan, commencée lors d’un voyage au Liban en 1860, qui resitue l’histoire du Christ dans un contexte historique, connut un immense succès mais suscita aussi des débats passionnés. Ce texte donna lieu à la traduction des Evangiles par Augustin Crampon qui avait suivi les mêmes études que Renan et était professeur au séminaire d’Amiens. C’est le début de sa traduction de la Bible parue en 1904 et toujours rééditée.

* Un autre auteur qui ne croyait pas en Dieu et en la divinité du Christ mais qui toute sa vie a eu pour modèle Jésus, est Romain Rolland. Très proche de nombreux hommes d’Eglise de son temps qui l’admiraient, il a laissé des Entretiens sur les Evangiles qui malgré leur inachèvement sont de toute beauté. Ils ont été publiés par les éditions du Cerf en 1984 dans Au seuil de la dernière porte.

* Si vous lisez l’anglais, découvrez l’univers de la Bible dans cet excellent ouvrage richement illustré, The one-stop Bible Guide de Mike Beaumont (éd. Lion Hudson). Vous pourrez le trouver à la librairie de l’aéroport de Tel Aviv.

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