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Gérard de Nerval dans le Valois, 28 septembre 2014


Nous étions un petit groupe (25 personnes), en ce beau dimanche de fin septembre pour nous rendre dans le Valois.

La promenade était guidée par Catherine Dhérent et agrémentée de lectures par Frédéric Folcher.

Le départ en car fut l’occasion de rappeler la biographie de Gérard Labrunie, né en 1808, orphelin de mère dès 1810 et devenu Nerval en 1844, du nom d’une terre héritée de sa grand-mère maternelle. Ce changement de patronyme symbolique intervient trois ans après la première crise de folie, qui coïncide avec un nécessaire mais douloureux retour aux sources maternelles dans le Valois et au phénomène des réminiscences que Gérard va désormais transcrire dans son œuvre. Dès lors "l’épanchement du songe dans la vie réelle" trouble l’auteur comme son lecteur. Le Valois c’est la terre maternelle, celle de l’enfance heureuse avec les jeunes Héloïse, Célénie, Sylvie ou Adrienne, c’est la vieille terre de France pour un écrivain nourri d’Antiquité, d’histoire du XVIe siècle et du siècle des Lumières. Ce sont les légendes et chansons d’autrefois dont Plaisir d’amour qui remuait tant Gérard.

Nous avons parcouru comme lui avec ravissement la vieille ville de Senlis, avons entendu ses jeunes compagnes chanter et danser dans les ruines du château royal et du prieuré Saint-Maurice, et avons visité la cathédrale toujours emplie à l’heure de l’office du dimanche "des notabilités châtelaines et bourgeoises qui se rencontrent encore dans cette localité" (Les Filles du feu).

Photo Annie Talleux

Puis en passant devant le manoir de Pontarmé, nous gagnâmes les étangs de Commelle où Gérard s’amusait avec Célénie, sous les tourelles du relais de chasse connu sous le nom de Château de la reine Blanche.

A Mortefontaine, village si cher aux romantiques avec son étang peint par Camille Corot, habitait le grand-oncle Antoine Boucher, qui a élevé Gérard jusqu’à l’âge de 7 ans. C’est à quelques centaines de mètres du hameau de Loisy, où il avait été confié bébé, à une nourrice. Ce sont les cadres des fêtes du tir à l’arc, célèbres passages de Sylvie, la plus charmante nouvelle des Filles du feu.

Le paysage est boisé, parcouru des cours de la Thève, de la Nonette et de Launette, près de laquelle nous avons pris un excellent repas dans l’auberge L’Orée de la forêt.

L’après-midi commença avec la découverte des fabriques du parc Jean-Jacques Rousseau d’Ermenonville. Il était à l’abandon lorsque Gérard le parcourait avec son grand-oncle qui l’éveillait à la philosophie antique et à celle des Lumières.

Photo Annie Talleux

L’abbaye de Chaâlis allait être restaurée par Mme de Vatry à laquelle Gérard faisait donner des conseils de perspective, qui ont semble-t-il, été suivis. Le premier acheteur après la vente en bien national avait conservé le "château" et la chapelle de l’abbé du XIIIe siècle avec ses fresques de Primatice, mais il avait transformé en romantiques ruines l’église abbatiale.

Photo Annie Talleux

Pour terminer la promenade, un dernier enchantement fut de découvrir le château de Pont-L’Evêque, en fin de journée, se reflétant de façon si nostalgique dans son étang aux bords aujourd’hui délaissés des jeunes filles.

Photo Albert-Jean Mortreux

"Elle a passé, la jeune fille Vive et preste comme un oiseau : A la main une fleur qui brille, A la bouche un refrain nouveau.

C’est peut-être la seule au monde Dont le cœur au mien répondrait, Qui venant dans ma nuit profonde D’un seul regard l’éclaircirait !

Mais non, - ma jeunesse est finie... Adieu, doux rayon qui m’as lui,- Parfum, jeune fille, harmonie... Le bonheur passait, - il a fui !"

(Odelettes, Une allée au Luxembourg)

Le temps du retour nous permit d’évoquer le fantastique dans l’œuvre de Gérard de Nerval, inspiré des lectures des Contes d’Hoffmann, à la frontière entre rêve et réalité.

Pour d’autres détails sur le circuit, consultez la page qui lui est consacrée.

Quelques messages reçus après la promenade

* "Un grand merci à partager bien sûr avec Frédéric pour cette magnifique journée d’hier. Que de merveilles vous nous avez encore fait découvrir !" (Marie-Claude J., Dainville)

* "Une fois de plus vous vous êtes donné à fond en tandem (bien rodé). Déjà tout au long du trajet nous avons eu droit au passé, la vie, les écrits, les poésies, les rêves, les fantasmes de cet écrivain pas trop connu (sauf pour le fait qu’il faisait partie des romantiques) mais qui a eu une large production en écrits pour une vie bien courte. Toujours à la recherche de l’âme sœur, de sa mère qu’il n’a pas connue, de la jolie jeune fille idéalisée et qu’il ne retrouvera pas une fois plus âgée. Nous avons été émerveillés par la hauteur et la luminosité de la cathédrale de Senlis, les ruelles de la vieille ville. La météo particulièrement favorable nous a permis de profiter de l’étang de Commelle, mais bien plus du vaste et grandiose parc de J.J. Rousseau à Ermenonville ... le temple de la philosophie, le dolmen, le pont, la grotte mais surtout le charme du tombeau sur l’île des peupliers et le reflet dans l’eau. J’ai particulièrement aimé la chapelle peinte à l’abbaye de Chaâlis et le bronze de Mme Jacquemart-André. Mais le clou était certes (et votre coup de cœur Catherine) le château de Mont-l’Evêque avec le reflet dans la pièce d’eau ... Nous avons écouté et "bu" vos paroles et vos récits et lectures ! Merci encore à tous deux pour cette belle journée." (Myriam M., Arras)

* "Grand merci à tous deux pour cette très belle promenade parfaitement organisée." (Annie et Jean-Pierre T., Gouves)

* "Merci à vous deux pour cette si belle promenade littéraire dans le Valois. Entre vos présentations, Catherine, et vos lectures, Frédéric, nous étions bien accompagnés pour mieux cerner l’ombre énigmatique de Gérard..." (Catherine T., Villeneuve d’Ascq)

* "C’était une balade romantique / Dansez, jeunes filles, sur l’eau.

C’était une balade nostalgique / Rêvée à l’ombre d’un château.

C’était une balade fantastique / Un jour d’automne où il fait beau.

C’était une balade en musique / Égrenant des refrains vieillots.

Dans le tiroir fermé à clef ? C’était la robe de la jeune épousée. "Elle y avait trouvé une grande robe en taffetas flambé, qui criait du froissement de ses plis" "Nous étions l’époux et l’épouse pour tout un beau matin d’été" (Sylvie)

"Il est un air pour qui je donnerai tout Rossini, tout Mozart et tout Weber....." (peut-être le château de Mont l’Évêque ?)" (Gisèle D., Neuville-Saint-Vaast)


Mistral et noroît, Domaine des 3 Chênes, 1 allée des Huileries, 62000 Arras - SIRET : 75109826000019 - APE : 9329Z

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