français Gérard de Nerval dans le Valois - Mistral et Noroît, promenades et conférences culturelles Mistral and Noroît, cultural tours and lectures
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Gérard de Nerval dans le Valois

"Ermenonville ! pays où fleurissait encore l’idylle antique... Tu as perdu ta seule étoile, qui chatoyait pour moi d’un double éclat. Tout à tout bleue et rose... c’était Adrienne ou Sylvie, - c’étaient les deux moitiés d’un seul amour. L’une était l’idéal sublime, l’autre la douce réalité. Que me font maintenant tes combrages et tes lacs, et même ton désert ? Othys, Montagny, Loisy, pauvres hameaux voisins, Chaâlis... vous n’avez rien gardé de tout ce passé ! Quelquefois j’ai besoin de revoir ces lieux de solitude et de rêverie... Les étangs... étalent en vain leur eaux morte que le cygne dédaigne. Il n’est plus le temps où les chasses de Condé passaient avec leurs amazones fières, où les cors se répondaient de loin, multipliés par les échos !... Pour se rendre à Ermenonville, on ne trouve plus aujourd’hui de route directe..." (Les Filles du feu)

Cette promenade d’une journée permet de découvrir les grands lieux nervaliens, au sud de Senlis. Ce petit pays, le Valois, racines de la France, a été préservé du développement industriel et a gardé le charme que les romantiques y trouvaient.

C’est le pays où Gérard Labrunie, né en 1808 à Paris, a été élevé jusqu’à l’âge de 7 ans, dans la famille de sa mère. A partir de 1840, le Valois l’obsède et il y revient par l’omnibus ou en rêve. Ce chemin difficile l’entraîne progressivement dans la folie. En 1844, il adopte le patronyme de Nerval, nom d’une terre à Mortefontaine qu’il avait héritée de sa grand-mère. En janvier 1855, il décide de retrouver dans l’au-delà celles et ceux qu’il a aimés et qui se sont trop tôt effacés : la mère dont il a été orphelin à l’âge de 2 ans, les petites filles si charmantes qui chantaient et dansaient lors des fêtes de l’arc, la comédienne Jenny Colon, grande passion fugace... On le retrouve pendu rue de la Lanterne...


* Circuit


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- Senlis Gérard de Nerval aimait déambuler dans les rues et ruelles de cette vieille cité qui conserve encore une partie de ses remparts gallo-romains et de ceux du XIIIe siècle. Gérard s’y perdait dans la méditation bercé par les chansons des petites filles qui l’enfermaient dans leur danse dans les ruines du château royal et du prieuré Saint-Maurice.

Château royal, Senlis, photo C. Dhérent

- Le manoir de Pontarmé, restauré à partir de 1910 dans son état du XVIe siècle et auquel Nerval rattache la chanson de la fille du roi Loys.

- Les étangs de Commelle et le château de la Reine Blanche, où il s’amusait avec la jeune Célinie, qui l’appelait "son petit mari".

Château de la reine Blanche, photo C. Dhérent

- Mortefontaine, le pays d’Antoine Boucher, le grand-oncle qui l’a élevé jusqu’à l’âge de 7 ans, et lui contait des légendes du terroir, celles de la mythologie, quand il extrayait de ses champs, la statuette du dieu Mars ou d’une Vénus. Le parc que fit aménager Joseph Bonaparte n’avait pas de secret pour lui. C’est probablement le cadre d’une de ses charmantes fêtes de l’arc où il entendit chanter de façon divine l’aristocratique Adrienne, aux belles boucles blondes, sortie du couvent voisin de Saint-Sulpice.

- Loisy, quelques maisons et "le pampre où la vigne à la rose s’allie", hameau où habite la jeune dentellière Sylvie, hameau où sa mère avait placé Gérard en nourrice.

- Ermenonville et son parc philosophique aménagé par Louis-René de Girardin en 1766 et qui abrita les dernières semaines de Jean-Jacques Rousseau, laissé à l’abandon au temps où Nerval le parcourait, rêvant aux embarquements pour Cythère du siècle des Lumières, aux couleurs pastel qui conviennent si bien à l’île des Peupliers et à la nostalgie.

Ermenonville, photo C. Dhérent

- L’abbaye de Chaâlis n’est qu’à quelques pas. Cette abbaye royale avait subi au début du XIXe siècle des dégradations dues à un propriétaire qui souhaitait aménager des ruines dans son parc, avant que Mme de Vatry ne décide d’y faire quelques travaux et surtout que Nélie Jacquemart ne s’y installe avec ses riches collections.

abbaye de Chaâlis, photo C. Dhérent

- On terminera la promenade avec le plus romantique des châteaux des environs, celui de Mont-L’Evêque, le plus parfait exemple de style troubadour depuis que la famille de Pontalba fit habiller au XIXe siècle, cette antique propriété des évêques de Senlis.

Château de Mont-l'Evêque, photo C. Dhérent

Si on dispose d’une journée de plus, il faut visiter le château de Versigny, où Gérard a probablement entrevue la jolie Louise-Céline, qui inspira le personnage d’Adrienne et cet amour fou qu’il essaya toute sa vie de retrouver en d’autres figures féminines. On visitera l’abbaye de la Victoire, voisine de Mont-L’Evêque et on s’arrêtera devant le château de Valgenceuse. On profitera aussi d’une randonnée dans les bois de Mortefontaine et d’Ermenonville.

* Liens utiles
- Sur la clinique et les méthodes du docteur Emile Blanche qui a soigné Gérard de Nerval et lui a fait décrire ses rêves, voir le téléfilm commandé par Arte

- Le sentier des écrivains, chemin de 5 km facile à emprunter entre les parcs d’Ermenonville et de Chaâlis, où des panneaux présentent des textes de Nerval et Rousseau


Mistral et noroît, Domaine des 3 Chênes, 1 allée des Huileries, 62000 Arras - SIRET : 75109826000019 - APE : 9329Z

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