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Le patrimoine minier aux environs de Lens, dimanche 18 août 2013

Cette promenade nous a permis de découvrir le patrimoine minier des environs de Lens classé par l’Unesco et la vie des mineurs grâce aux savoureux textes de l’un des leurs, Jules Mousseron.

Elle nous a offert un panorama assez complet de ce paysage qui s’efface depuis la fermeture du dernier puits de mine du nord de la France en 1990 : chevalements, carreaux, habitat ouvrier, des corons de 1880 aux cités-jardins des années 1920, et même découverte de la flore et de la faune d’un terril.

Jean-Yves Vincent, créateur de la compagnie Il était deux fois, nous fit revivre l’atmosphère de la mine en nous contant quelques textes en patois rouchi du poète-mineur Jules Mousseron, drôles et émouvants.

Photo Philippe Bisbrouck

Sous un ciel incertain qui est devenu ensuite très ensoleillé, nous avons commencé cette découverte à Oignies, au 9-9 bis. Ce lieu est symbolique car c’est à Oignies que le charbon fut découvert par l’ingénieur Mulot dans le Pas-de-Calais pour la première fois, dans le parc de Henriette de Clercq. C’était en 1842, alors que le charbon était connu dans le Borinage depuis le Moyen-Age et exploité près de Valenciennes depuis 1757. Mais ici la couche carbonifère est sous la formation dévonienne, en raison de plissements, et ce n’est que dans les années 1870-1880, qu’on comprit que le charbon pouvait être sous le Dévonien. L’exploitation en était plus difficile, d’autant que la nappe phréatique est ici assez près de la surface. Le creusement des puits de cette zone charbonnière a donc nécessité d’énormes capitaux et fut cause de nombreux accidents. Premier puits ouvert dans le Pas-de-Calais, c’est aussi à Oignies que le dernier fut fermé pour les Houillères du Nord-Pas-de-Calais en décembre 1990.

A Hénin-Beaumont, nous vîmes ce qu’était la maison, le "château" d’un directeur des Mines (actuel siège de la Communauté d’agglomération d’Hénin-Carvin), nous passâmes sous la voie du chemin de fer des Houillères, ouverte dès 1859, pour gagner le majestueux hôtel de ville et les quartiers sud qui comptèrent cinq puits, avec leurs cités, leurs écoles, leurs églises. Hénin-Beaumont passa ainsi de 3280 habitants en 1856 à 26 482 en 1982.

L’hôtel de ville d’Hénin-Liétard Photo Philippe Bisbrouck

A Drocourt subsiste, malgré la Première Guerre mondiale, la cité la Parisienne, construite en 1880 et qui est ainsi la plus ancienne cité dans ce secteur. Elle est constituée de barreaux de maisons se faisant face avec jardins à l’arrière. L’école des filles et l’école des garçons ont été construites dans le même esprit. L’église Sainte-Barbe a été érigée dans les années 1930. Cette cité était celle du puits n° 1 des mines de Drocourt, fusionnée dans les années 1920 au sein de la compagnie de Noeux-Vicoigne-Drocourt. Les regroupements de puits commençaient pour en améliorer la rentabilité, avant la création des Houillères nationales en 1946. Ce fut aussi là que vécurent une grande partie des ouvriers de la cokerie de Drocourt, qui fut dans la seconde moitié du XXe siècle, une vitrine de l’industrie française, une des plus grandes cokeries européennes. Elle fut entièrement "déconstruite" à partir de 2002 pour laisser place à une zone verte. On souhaitait alors effacer le passé noir du pays. N’en témoignent plus que les énormes terrils construits à partir de 1958 avec les résidus du lavoir.

La cité La Parisienne à Drocourt Photo Philippe Bisbrouck

Dès le début du XIXe siècle, certaines compagnies offrirent à leurs ouvriers un habitat plus riant, constitués de maisons aux pignons variés, entourées de jardins, et disposées le long de rues qui serpentent, comme les cités Promper, Voisin et la cité Darcy à Hénin-Beaumont construite de 1909 à 1923 et qui ne compte pas moins de 500 maisons, assez diversifiées dans leur architecture.

La plus grande de ces cités-jardins est à Rouvroy, c’était la cité Nouméa, actuelle Résidence de la Motte. Le puits de mine a disparu à l’exception du beau bâtiment des douches malheureusement en péril, mais au pied de son terril au cône parfait, on découvre quelques éléments architecturaux exceptionnels. Nous eûmes la chance de pouvoir entrer dans l’église grâce à Mme Rykala et de découvrir ce grand édifice construit en 1928 pour une population qui comptait alors près de 3000 âmes. C’est Louis Dupont, un banquier de Douai, administrateur de la compagnie, qui mécéna cette construction ainsi que celle de l’école des filles qui lui fait face sur la petite place. Appel fut fait pour cet ensemble à deux architectes parisiens, Duval et Gonse. Mais cette cité a aussi la particularité d’avoir deux presbytères qui se font face de chaque côté du chevet de l’église, l’un pour les Français, l’autre pour les Polonais, très nombreux dans le bassin minier du Pas-de-Calais, surtout après la Première Guerre mondiale.

L’église de la cité Nouméa à Rouvroy Photo Philippe Bisbrouck

Le déjeuner fut pris "Chez Cathy", ancienne friterie de quartier, qui était située juste en face du carreau du puits n° 12, à Lens, et qui vit son destin basculer lorsque le Louvre fit construire ici son nouveau musée. Chez Cathy, on déguste la spécialité de la maison, la carbonade à la bière avec des frites dignes de ce nom, et on déguste des desserts préparés avec les oeufs du poulailler.

Les deux terrils du 11/19 à Loos Photo Philippe Bisbrouck

Après le déjeuner, ce fut une découverte approfondie avec Delphine Robillart, guide du CPIE Chaîne des Terrils, des deux terrils de Loos-en-Gohelle, les plus hauts d’Europe, auprès des chevalements des 11/19. Quelques-uns sont allés presque jusqu’au sommet, à 180 m d’altitude.

Qui repère au milieu des débris de charbon les deux criquets ? Photo Philippe Bisbrouck

La journée s’est terminée dans le parc des Grands bureaux des Mines de Lens, dont nous avons pu apprécier l’architecture grandiose commandée par les administrateurs de cette compagnie à Louis-Marie Cordonnier, architecte lillois. La compagnie de Lens était alors la plus importante de France.

A 150 m au-dessus de la cité des Provinces à Loos Photo Philippe Bisbrouck

On ne pouvait manquer, au retour, d’évoquer la chanson de Pierre Bachelet, dont voici la réinterprétation par des chanteurs d’opéra, les Stentors :

- Quelques livres pour compléter la promenade

* À la grâce ; une enfance dans les corons, 1er récit autobiographique de Daniel Carton. Dans cet ouvrage, l’écrivain et journaliste natif de Divion se remémore son enfance dans les corons entre les années 1960 et 1970. Livre recommandé par Jean-Louis Bourlanges dans l’émission "Esprit public" du dimanche 8 septembre sur France Culture

* Mémoires de mineurs d’Arnaud Müller et Dominique Fargues, paru en 2007 chez Flammarion. Arnaud Müller, grand reporter, est le neveu de notre compagnon de promenades, Jean-Paul Wattrelos.

- Quelques messages après la promenade

* "Un grand merci pour cette journée de découverte. Ambiance vraiment sympa et un plus vraiment avec ce conteur." (Marie-Claude J., Dainville)

* "Nous tenons à vous remercier pour l’agréable journée passée à la découverte du patrimoine minier." (Jean-Paul Blanchard, Agny)

* "Je tenais à vous remercier à nouveau pour la très belle journée passée à vos côtés à découvrir le patrimoine minier" (Rémy B.)

* "Comme à l’accoutumé , une découverte sans cesse renouvelée, tu nous a transporté dans l’histoire, nous avons beaucoup de chance !" (André et Nicole D, Roëllecourt)

* "Journée parfaite." (Eugène B., Melun)

* " Tu as séduit les 3 générations. Clarté, concision, organisation exceptionnelle ... Jean-Yves et son patois très apprécié aussi. Tous partants pour les prochaines visites." (Claude et Françoise B., Rouen)


Mistral et noroît, Domaine des 3 Chênes, 1 allée des Huileries, 62000 Arras - SIRET : 75109826000019 - APE : 9329Z

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