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Le prince Charles-Joseph de Ligne (1735-1814), "le charmeur de l’Europe", dans ses propriétés du Hainaut, dimanche 23 juin 2013

Le prince de Ligne, issu d’une des plus nobles lignées des Pays-Bas du sud, fut l’homme le plus charmeur de son siècle, adulé de tous les souverains européens. Il avait trois grandes passions, la guerre, les femmes et les jardins. Le prince fut aussi un homme de lettres très fécond, ami des plus grands écrivains (Voltaire, Rousseau, Casanova), et même le premier noble de l’empire autrichien à vivre un temps de sa plume. Ses meilleurs ouvrages sont Mes écarts et ses Mémoires.

Nous étions nombreux (35 personnes) à nous mettre en route malgré une météo peu clémente. La promenade était guidée par Catherine Dhérent et agrémentée de lectures par Frédéric Folcher.


Afficher Charles-Joseph de Ligne (1735-1814) dans ses propriétés du Hainaut sur une carte plus grande

Cette promenade nous a menés :

- à Fontenoy, site d’une célèbre victoire française en mai 1745, pendant la guerre de succession d’Autriche. Louis XV y assistait avec le dauphin : "Voyez ce que coûte une victoire. Le sang des ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l’épargner". La bataille avait fait 5000 tués et 9000 blessés en quelques heures.

Nous avons évoqué devant la croix celtique qui commémore l’action des Irlandais qui combattaient contre les Anglais dans le régiment de la Reine (de France), la première passion du prince Charles-Joseph de Ligne, le service de l’Autriche et la guerre. Il avait 10 ans lors de la bataille de Fontenoy et rêvait de grands exploits militaires. Mais on ne lui confia pas souvent les commandements auxquels il aspirait. Il était trop européen et cosmopolite sans doute pour cela et, tout en l’aimant, on s’en méfiait.

- à Antoing, le château-fort voisin, resté depuis le Moyen-Age dans la famille des Ligne, nous avons eu le grand privilège d’être accueillis par le prince Charles-Antoine de Ligne. Le prince nous a montré les fameux cahiers roses dans lesquels Charles-Joseph consignait chez lui ou dans sa berline de voyage toutes ses pensées et souvenirs, quelques éditions très rares qu’il réalisait sur sa presse privée de Beloeil, et l’édition des Mélanges militaires, littéraires et sentimentaires qu’il fit éditer par les frères Walther à Dresde de 1795 à 1811, presqu’aussi rare.

Le prince Charles-Antoine nous a également présenté la gravure de Lutzendorff représentant la mort de Charles fils aîné de Charles-Joseph, double de lui-même, jusque dans le prénom. Frédéric lut plusieurs textes sur la douleur du père et celui des Mémoires d’Outre-tombe où Chateaubriand, malade et très affaibli après la bataille de Thionville, est transporté vers Bruxelles par le convoi funéraire de Charles. Ce fut un moment émouvant.

Chacun apprécia aussi la passionnante visite de la partie médiévale du château, du musée lapidaire dans le rempart et du donjon, par Mme Marie-Lise Masquelier, guide de l’office de tourisme.

Le prince Charles-Antoine de Ligne entre Catherine et Frédéric (photo Jocelyne d’Halluin)

- C’est dans l’élégant château et le grand parc de Beloeil que Charles-Joseph passa une grande partie de son enfance et de son adolescence, seul et sauvage, sans amour, sa mère étant morte quand il avait quatre ans et son père ne l’aimant pas. Devenu chambellan de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, il préféra ensuite vivre le plus souvent à Vienne jusqu’à la mort de ce terrible père en 1766. Ensuite il redouta la rigueur financière de sa femme et préférait s’échapper vers son doux séjour de Baudour ou vers Versailles où il vécut dans l’intimité de Louis XV, de Mme du Barry, puis de Marie-Antoinette. Il dépensa des sommes considérables pour compléter le parc et accueillit rois et princes lors de fêtes somptueuses.

Sur la terrasse de Beloeil devant le grand bassin (photo Philippe Bisbrouck)

Les miroirs dans le parc de Beloeil (photo Philippe Bisbrouck)

Il quitta définitivement Beloeil en février 1794, peu avant le séquestre du château par les révolutionnaires français. Lorsqu’il rentra en possession de ses propriétés en 1803, il les donna à son fils Louis, à l’exception de Fagnolle. Il vécut ainsi très modestement mais toujours aussi entouré, les 20 dernières années de sa vie, entre Vienne et Téplice, où il menait une vie néanmoins très agréable.

- A 12 km de là mais loin des mondanités de Beloeil, à Baudour, il ne reste rien du château qui faisait ses délices, détruit dans les années 1970 mais dont subsiste le parc aménagé pour les plaisirs de la promenade et la chasse, la forêt et un pavillon de chasse, la Ronde Maison que le prince appelait "le château sauvage". C’est là qu’il était le plus heureux, avec ses amis les plus proches dont le musicien André Grétry et le maître des charbonnages Désandrouins, et avec sa maîtresse la plus chère, Angélique d’Hannetaire.

L’appareillage des murs de la Ronde Maison à Baudour (photo Philippe Bisbrouck)

Ces lieux exceptionnels nous ont permis grâce aux lectures savoureuses ou émouvantes des oeuvres du prince ou de certains de ses hôtes de faire revivre la vie joyeuse et délurée de cette société aristocratique du XVIIIe siècle.

Le prince aimait la musique et pleurait en entendant Richard Coeur de Lion d’André Grétry, son ami. Nous l’avons écouté dans le parc de Beloeil, avec l’air "Je crains de lui parler la nuit", dont le rythme accompagnait si bien notre marche légère dans les allées de hautes charmilles. Le voici chanté par Christiane Eda-Pierre :

Et d’autres airs de Richard Coeur de Lion que nous avons entendus.

Pour prolonger la promenade, rendez-vous jusqu’au 17 novembre à l’Ermitage de Jean-Jacques Rousseau à Montmorency, où est présentée une exposition sur Grétry organisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France

Quelques messages après la promenade

* "Merci pour cette journée exceptionnelle que vous nous avez fait vivre" (André et Nicole D., Roëllecourt)

* "Je vous remercie pour l’organisation et la réussite de cette sortie très agréable." (Lucienne D., Dainville)

* "un grand merci à toi et à Frédéric pour cette belle journée d’hier , pleine de découvertes et d’amitié." (Marie-Claude J., Dainville)

* "Merci et encore bravo, à toi et à Frédéric pour la balade d’hier en compagnie du savoureux Prince de Ligne : son esprit, son humour et l’histoire de sa vie ont illuminé ce dimanche grisâtre. Merci de nous avoir fait découvrir Antoing et fait rencontrer son propriétaire si chaleureux et accueillant : ce fut un grand privilège et un honneur auxquels chacun de nous a été sensible. Merci d’avoir associé Grétry à cette sympathique évocation d’un Européen du XVIIIe siècle." (Cécile C., Versailles)


Mistral et noroît, Domaine des 3 Chênes, 1 allée des Huileries, 62000 Arras

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