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La peste à Marseille, porte de l’Orient, dimanche 29 juillet 2012

Grand port du royaume de France commerçant avec les échelles du Levant d’où les bateaux revenaient souvent porteurs de peste, Marseille aurait dû être protégée par un cordon sanitaire mis en place au début du XVIIe siècle mais qui n’empêcha pas la grande épidémie de 1720.

Pour découvrir cette riche histoire de plusieurs siècles, nous étions un petit groupe du Pas-de-Calais et de Salon-de-Provence, très amical. Le soleil était de la partie, une brise agréable atténuait la chaleur, le parcours sur les îles du Frioul était superbe.


La promenade était guidée par Catherine Dhérent et agrémentée de lectures de textes par Frédéric Folcher, comédien.

Elle nous a permis de découvrir le matin le vieux quartier du Panier autour du thème de la peste, après un rappel historique sur le développement d’épidémies à Marseille en raison de son statut de premier port français de commerce tourné vers l’Orient surtout. puis aussi à partir du XVIIIe siècle vers l’Atlantique et l’Océan indien.

Ce furent la consigne sanitaire construite en 1719 par Antoine Mazin, architecte de l’hôtel Matignon à Paris, le buste du courageux chevalier Roze et l’esplanade de la Tourette qu’il nettoya d’un millier au moins de cadavres de pestiférés en septembre 1720, puis la statue de monseigneur de BelZunce, évêque qui consacra la ville de Marseille au Sacré-Coeur de Jésus pour exorciser la peste le 1er novembre 1720 et exhorta les échevins à faire de même, l’hôpital de la Charité où nous avons évoqué les médecins, fléau pire que la peste à l’époque avec leurs curieuses pratiques et médecines, puis l’église des Accoules du clocher de laquelle monseigneur de BelZunce exécra à plusieurs reprises la peste sous les coups de canons et les envolées de cloches de toutes les églises.

La peste de Marseille - Vue du côté du Cours - Dessinée sur le Lieu en 1720. N°143 : [estampe]
La peste de Marseille - Vue du côté du Cours - Dessinée sur le Lieu en 1720. N°143 : [estampe]
Source : gallica.bnf.fr

A midi, nous prenions le bateau Edmond Dantès pour gagner le Frioul. Nous pique-niquâmes sur la plage Saint-Estève où l’un de nous ne résista pas aux charmes d’une baignade dans une eau d’un bleu magnifique.

Ce fut ensuite la découverte en privilégiés du lazaret Caroline ou Ratonneau où nous fûmes accueillis par Albert Huguet, trésorier de l’association M.-R. Penchaud, architecte qui construisit ce qui fut d’abord un hôpital pour soigner de la fièvre jaune dans les années 1820. M. Huguet rappela que Michel Penchaud était convaincu qu’un endroit esthétique pouvait aider à la guérison, raison pour laquelle il réalisa ici dans une économie de moyens un établissement superbe, encore très impressionnant. Aujourd’hui l’association organise des week-ends qui sont des sortes de "retraites laïques", temps bénéfique pour ceux qui sont trop stressés dans leur vie quotidienne. Hébergés dans le lazaret en dortoirs, ils donnent quatre heures de travail quotidiennes à la restauration du lazaret et ont quatre fois dans la journée des temps de silence et de méditation. Pour toute information sur ces week-ends Patrimoine et de ruptures, voir le site de l’association Michel-Robert Penchaud

Puis au Port-Frioul (dont le nom viendrait soit de "fare-friou", passer entre deux caps ou de "farigoule", nom du thym en provençal), nous évoquâmes la réalisation du port de quarantaine du Frioul en 1824 et le grand complexe du lazaret du Frioul, le plus important de toute la Méditerranée, construit de 1856 à la fin du XIXe siècle après la destruction du lazaret d’Arenc pour la construction du nouveau port de Marseille. Si de gros investissements avaient été réalisés, le fonctionnement suivit mal ainsi que l’ont rapporté certains passagers du paquebot Le Sénégal qui durent subir ici une quarantaine en 1901.

Enfin, la promenade nous mena dans l’anse de Pomègues, port de quarantaine où tous les bateaux devaient stationner à partir de 1627. Le capitaine se rendait de là en barque pour présenter ses patentes à la consigne sanitaire que nous avions vue le matin pour connaître la durée de quarantaine de son bâtiment, des passagers et des cargaisons. Installés sur les fondations d’une ancienne chapelle, nous repérâmes un certain nombre d’aurails (bittes d’amarrage) taillés dans le roc par les forçats.

Dans le bateau au retour du Frioul

Nous étions à Marseille à 18h.

Voir la page "La peste et les lazarets de Marseille" où vous trouverez des liens utiles, par exemple sur des documents ayant trait à ce sujet, et notamment cet ouvrage transcrivant de nombreux textes ayant trait à la peste de 1720 :

Témoignages après la promenade
- "Merci mille fois pour cette journée extraordinaire, tes explications et les lectures de Frédéric étaient passionnantes, ainsi que les participants... A bientôt j’espère pour d’autres découvertes." (Catherine D., Salon-de-Provence)

- "Merci pour cette belle journée, pour la qualité de tes explications, pour l’organisation sans faille, pour tes attentions bienveillantes, pour ton sourire. Avec plaisir pour une prochaine découverte." (Noelle P., Salon-de-Provence)

- "Merci à vous pour cette excellente journée" (Dominique G., Arras)


Mistral et noroît, Domaine des 3 Chênes, 1 allée des Huileries, 62000 Arras

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