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Tournai, la plus antique des villes de Belgique

De loin, de quelque route qu’on vienne, les cinq tours de la cathédrale signalent Tournai. Dès qu’on pénètre dans la ville, la quiétude due à l’ancrage multi-séculaire et au cours lent de l’Escaut, s’empare du visiteur. Malgré les destructions subies pendant les deux guerres mondiales et antérieurement par bien des sièges, déambuler dans Tournai et découvrir ses monuments et ses musées est une bien agréable remontée dans le temps.

Il est possible en une journée, d’avoir un bon aperçu rapide de la richesse de Tournai mais on n’aura guère le temps de découvrir en ce cas ses sept musées, sans compter l’exceptionnel trésor de la cathédrale, ni de flâner longtemps le long de ses quais.

Voici le circuit que nous proposons pour quelques heures dans la ville, de chaque côté de l’Escaut. On peut se garer gratuitement Esplanade de l’Europe, à 2 mn à pied du centre.

* la Grand-Place bordée de nombreux cafés et brasseries, avec le Beffroi qui, datant de 1188, est le plus ancien de Belgique ;

l’hôtel de ville avec la halle aux draps (ancien corps de garde) ;

Hôtel de ville de Tournai

la statue de Christine de Lallaing, figure devenue légendaire, qui défendit la ville en 1581 contre les troupes d’Alexandre Farnèse, bras armé espagnol de la lutte contre les protestants.

Prendre la rue des Orfèvres, en longeant sur la droite le palais épiscopal pour parvenir au portail principal de la cathédrale.

* la cathédrale, (attention on ne circule pas pendant les offices, le dimanche de 10h à 11h). Des travaux de très long terme ont été entrepris après les tempêtes de 1999 qui avaient considérablement déstabilisé l’ensemble. La nef et le transept de style roman (XIIe siècle) sont désormais restaurés. On peut voir dans le bas-côté nord, les fouilles qui ont mis à jour les strates de constructions ayant précédé l’édifice roman (thermes gallo-romain et baptistère, dallage paléo-chrétien, église méroviengienne). La nef était à peine achevée que les chanoines ont voulu édifier un transept digne de la splendeur de la ville et rivalisant avec le beffroi. Il en est résulté le massif exceptionnel avec les cinq tours aujourd’hui en restauration, de même que le chœur gothique achevé en 1254. Cette partie est donc inaccessible, cela encore pour plus de 10 ans sans doute, à l’exception d’une chapelle et du trésor (ouvert à partir de 13h30).

Chapiteaux romans de la cathédrale de Tournai

Pour comprendre la construction et la vie de cet édifice exceptionnel, on pourra visionner le documentaire de 20 mn qui lui est consacré à l’office de tourisme.

* Contourner le massif roman ou le choeur gothique, - ce qui permet de bien en admirer l’allure générale et les deux périodes de construction reliées par le massif du transept aux cinq clochers - pour prendre la rue de l’Hôpital Notre-Dame. On y voit une maison de 1648 décorée de cartouches sculptés de scènes bibliques.

On traverse l’Escaut pour rejoindre sur la droite le quartier de Saint-Brice. Nous sommes là à l’endroit où fut enterré le roi Childéric, père de Clovis. Les premières découvertes archéologiques furent faites en 1655. On remarque quelques très vénérables maisons romanes de grosses pierres grises et à quelques pas, des maisons gothiques.

* Saint-Brice est une très belle hallekerque, église-halle, dont le chœur et les deux bas-côtés sont de même hauteur, séparés par de massifs piliers quadrangulaires.

* On retraverse l’Escaut pour flâner vers la droite le long du quai Notre-Dame et atteindre le Pont des Trous.

Le Pont des trous à Tournai

Construit à la fin du XIIIe siècle, c’est un des éléments de la seconde enceinte et l’un des trois ponts militaires fluviaux qui subsistent dans le monde. Des projets de modifications sont très débattus car ses arches ne permettent pas le passage des péniches d’aujourd’hui.

En revenant un peu sur ses pas, on ira ensuite à droite vers le quartier Saint-Jacques aux belles demeures aristocratiques.

* L’église Saint-Jacques est représentative du gothique scaldien. On y remarque l’exceptionnel lutrin à l’aigle en bronze de 1411, unique pièce de mobilier ayant échappé à l’iconoclasme des années 1560, les peintures murales de la chapelle sud représentant un concert d’anges de 1405, et dans le narthex la pierre tombale d’Antoine Séguier, 1er avocat au Parlement de Paris, mort ici en émigration en 1792. Une curiosité est à voir si un responsable de l’église est présent : une exceptionnelle collection de reliquaires gabonais constituée par un sculpteur local.

Eglise Saint-Jacques, Tournai

* A deux pas, 8 rue des Carmes, le musée d’archéologie mérite une visite, ne serait-ce que pour découvrir à l’étage le résultat des fouilles mérovingiennes, la structure des tombes du roi Childéric et de ses chevaux, au rez-de-chaussée, les périodes plus anciennes et en particulier gallo-romaines (céramiques, métal...). Ce musée est installé dans l’ancien Mont-de-piété créé en 1622 par Wenceslas Coebergher, architecte, ingénieur, peintre et philanthrope pour aider les pauvres de ce temps.

On regagne la Grand-Place en passant par de charmantes rues et ruelles. Square Delannay on fera un court arrêt.

* Statue de Martine et de son chien Patapouf, nés dans l’imagination de Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, auteur et dessinateur des célèbres éditions Casterman dont l’îlot est tout proche.

Martine et Patapouf

* Elle est au pied du Fort Rouge, tour vestige de la première enceinte médiévale de 1197-1202 qui faisait 2,7 km de long. On traverse le jardin pour se retrouver au pied de l’église Saint-Quentin sur la Grand-Place.

On traverse celle-ci dans sa longueur pour gagner l’agréable parc public Reine-Astrid dans lequel trône la statue de Louis Gallait, grand peintre d’histoire du XIXe siècle, ce qui est une introduction à la visite du palais des Beaux-Arts.

Nous sommes là sur le site d’une très vénérable abbaye, Saint-Martin, fondée au VIIe siècle et supprimée pendant la Révolution en 1797. Le palais abbatial qui avait été reconstruit en 1767 a été reconverti en hôtel de ville.

* Celui-ci a abrité au XIXe siècle les fabuleuses collections de quelques grands donateurs jusqu’à ce que soit réalisé le voeu de l’un d’entre eux, Henri Van Cutsem de Bruxelles, qui finança la construction du musée par le grand architecte, Victor Horta qui était un de ses amis. Le projet lancé en 1903 ne fut achevé que longtemps après la mort de van Cutsem et l’intérieur en fut moins grandiose que ce que l’artiste avait conçu. La Grande Guerre était passée par là, il fallait reconstruire le pays.

Il n’empêche que le résultat est original et permet la présentation, régulièrement renouvelée, d’une partie - infime - des immenses richesses de ce musée. On y réservera au moins une heure pour apprécier celles qui seront à disposition au moment de notre passage, en particulier, les panneaux médiévaux des Daret, de la Pasture (Van der Weyden), les immenses toiles historiques de Louis Gallait (Les têtes coupées, l’Abdication de Charles Quint), le dessin à la plume de Vincent Van Gogh (Les oliviers à Montmajour), les deux beaux Manet (Argenteuil et Chez le père Lathuille), les paysages du Borinage de Constantin Meunier ou de Pierre Paulus, les chiens de Josef Stevens... On ne se lasse jamais de découvrir et re-découvrir ces oeuvres prestigieuses.

Liens utiles

* Nous aimons déjeuner aux Ecuries d’Ennetières, restaurant plein de charme dans d’anciennes écuries de l’hôtel du Grand Noble où les plats sont délicieux et l’équipe très attentionnée.

* A l’office de tourisme, on peut visionner deux documentaires bien faits, drôles et décalés sur l’histoire de la ville et l’histoire de la cathédrale. Chacun dure 20 mn.

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Mistral et noroît, Domaine des 3 Chênes, 1 allée des Huileries, 62000 Arras - SIRET : 75109826000019 - APE : 9329Z

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