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Charles Quint en Flandre et en Hainaut, 17-18 juin et 24-25 juin 2015

Cette promenade de deux jours nous avait été commandée par l’Université Pour Tous d’Artois (UPTA). Son succès fit que nous la fîmes deux fois pour une centaine de personnes au total !

Les deux voyages se firent avec un temps idéal et sous le soleil. Rien de mieux pour découvrir Gand car la première journée était consacrée à une découverte à pied des lieux (près de 6 km !).

Ces voyages étaient guidés par Catherine et Frédéric fit au long de ces deux jours des lectures dont certaines ont ému les visiteurs, comme la longue renonciation au pouvoir d’un Charles Quint épuisé.

Pour d’autres informations sur les lieux, consultez la page consacrée à cette promenade.

Photo André Descamps

1er jour

Le trajet entre Arras et Gand fut l’occasion de donner le contexte de la promenade, avec la place de la Flandre et du Hainaut dans la vie de l’empereur, de rappeler les alliances complexes de celui qui fut entre autres, fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle, petit-fils de l’empereur Maximilien du côté paternel, de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille de l’autre, époux amoureux d’Isabelle de Portugal, beau-frère de François Ier roi de France, petit-neveu du roi Henri VIII d’Angleterre, père de Philippe II qui sera peu de temps roi d’Angleterre car époux de Marie Tudor... Une vie trépidante que celle de Charles Quint, qui désirant la paix fit toute sa vie la guerre, contre la France ou contre les Turcs, qui, marqué par l’enseignement ascétique de ses premiers maîtres dont l’humaniste Adrien de Floriszoon, devenu pape sous le nom d’Adrien VI, mangeait goulûment, qui travaillait jour et nuit sur ses dossiers... Une vie éprouvante qui le mina et l’amena à abandonner tous ses pouvoirs à l’âge de 55 ans.

Le parcours dans Gand nous mena le matin en particulier,

* au Gravensteen devant lequel furent suppliciés quelques officiers impériaux en 1539, puis... quelques rebelles au pouvoir impérial en 1540. Les textes lus en français médiéval par Frédéric avaient un pittoresque indéniable, un peu cruels certes, comme le récit de la mort du pauvre prévôt Liévin Pin.

* au Prinsenhof, site du château qu’avait somptueusement aménagé le grand duc de Bourgogne Philippe le Bon et où naquit Charles Quint en 1500. Il ne subsiste de ce palais installé sur une île que des noms de rues, une poterne sous laquelle sont rappelés les noms des victimes des répressions de l’empereur et une statue contemporaine de bronze assez humoristique d’un de ces bourgeois rebelles que Charles fit venir en son palais la hart au col pour demander pardon en 1540.

* sur les quais médiévaux, parmi les plus beaux ensembles urbains d’Europe, après avoir traversé le calme quartier du béguinage Sainte-Elisabeth. La rivière et le canal de la Lieve creusé à la fin du XIIIe siècle contribuèrent à la richesse de la ville qui eut pour conséquence un orgueil sans mesure de ses habitants.

* vers le beffroi flanqué comme il se doit de la halle aux draps duquel fut tendu une passerelle vers le clocher de Saint-Nicolas. Un cortège de 10 000 flambeaux y défila pour les cérémonies du baptême de Charles.

* à la cathédrale Saint-Bavon qui en 1500 n’était encore que l’église paroissiale Saint-Jean, lieu du baptême de Charles. Un humaniste conseiller de Charles Quint, Viglius von Ayta, est enterré dans la première chapelle côté droit du déambulatoire. Le décor est baroque, le mobilier ancien ayant été détruit lors des guerres de religion des années 1560. Heureusement subsiste l’exceptionnel retable de l’Agneau mystique peint par les frères Van Eyck.

Pour le déjeuner, quel meilleur endroit que les Salons Carlos Quinto ? Le repas fut excellent, très apprécié et dans un cadre très agréable de vaste maison bourgeoise.

Nous étions prêts à reprendre la marche pour nous rendre vers

* le portus Ganda, l’ancien port de Gand, la confluence de la Lys et de l’Escaut, dont les bords ont été agréablement réaménagé.

* Traversant le fleuve, nous étions arrivés là où fut la célèbre abbaye Saint-Bavon avant que Charles Quint ne décide de la détruire pour y ériger le Château des Espagnols dont les canons étaient pointés vers la ville rebelle.

Photo André Descamps

* Enfin au musée de la Biloque, très bien aménagé dans un couvent du XIVe siècle, nous vîmes les portraits de Charles et de sa famille, un tableau naïf montrant le départ du cortège de son baptême à la sortie du Prinsenhof, un magnifique plan de Gand avant que Charles n’en fasse détruire les fortifications et l’abbaye Saint-Bavon, des manuscrits, des sculptures, des ouvrages et gravures sur les débuts de la Réforme et sa répression...

Nous quittâmes Gand pour Malines où nous allions passer la nuit à l’hôtel Holiday Inn Express confortable et parfaitement localisé pour nos centres d’intérêt.

Mais avant cela, après une dernière promenade en passant devant l’hôtel de l’humaniste Van Busleyden et dans les ruelles des béguinages, le dîner fut joyeux, car très arrosé d’excellentes bières, à l’antique brasserie Het Anker. Elle brassait déjà la Mechelsen Bruinen, la bière la plus appréciée de Charles Quint que celui-ci se faisait livrer jusqu’en Espagne. Et aujourd’hui, ce sont les Carolus, bien sûr, qui obtiennent de nombreux prix internationaux. Nous avons compris pourquoi !

2ème jour

La matinée commença avec la découverte de cette ville aujourd’hui peu connue mais qui vaut le détour et eut de plus un rayonnement considérable au Moyen âge. C’est là que se trouvait la cour suprême des Pays-Bas bourguignons, le Parlement de Flandre. C’est là aussi que la tante de Charles Quint, Marguerite d’Autriche, fille de Maximilien, avait installée sa cour. De là, elle veilla à l’éducation de son neveu Charles et gouverna les Pays-Bas pendant 30 ans.

Le circuit nous mena :

* à la cathédrale Saint-Rombaut, de très élégant gothique brabançon, sans rosaces mais percée d’immenses verrières, réhabillée à l’époque baroque mais qui possède une série remarquable de panneaux de bois peints du XVe siècle.

* au palais de Marguerite d’Autriche, transition entre le gothique brabançon et la Renaissance italienne avec sa loggia, ses galeries et le premier pignon à volutes connu dans ces Pays-Bas méridionaux. Tous les humanistes et grands artistes de l’époque étaient reçus ici jusqu’à la mort de Marguerite en 1530. C’est aujourd’hui le palais de justice.

* en face vers la façade du palais gothique de la seconde épouse de Charles le Téméraire, arrière-grand-père de Charles Quint, Marguerite d’York. Charles fut élevé dans ce palais jusqu’à l’âge de 3 ans.

Puis nous prîmes la route vers Bruxelles où

* dans le parc royal, nous avons évoqué l’ancien palais des ducs de Bourgogne, encore embelli sous Charles Quint et ses jardins qui se prolongeaient vers la forêt de Soignies ;

* sous terre, sous la place royale, avons découvert la rue Isabelle et les ruines du palais du Coudenberg, résidence impériale qui disparut dans un incendie accidentel en 1731. On voit sur le sol de brique des cuisines, les grandes dalles de pierre bleue de la salle de réception, l’Aula Magna, où Charles Quint fut émancipé par sa tante Marguerite en 1515 et où il abdiqua en 1555 dans un discours lu par Frédéric qui émut l’assistance. Comment ne pas terminer la visite par le magnifique chant de Josquin des Prés, Mille regretz de vous abandonner..., qui était le chant préféré de Charles... ?

* dans la galerie de la Reine, nous déjeunâmes au Pain quotidien de canapés et petits gâteaux aux fines saveurs.

Photo André Descamps

* quelques centaines de mètres plus loin, nous avons découvert la cathédrale Saint-Michel et Sainte-Gudule où se donnèrent tant de fêtes princières depuis le Moyen-Age et dans laquelle Charles Quint fit décorer la chapelle du Saint-Sacrement de vitraux Renaissance peints par Jean Haeck sur des cartons de Bernard van Orley.

* enfin comment ne pas conclure avec le prince des humanistes, Erasme, que Charles connut sans doute enfant, dans la maison d’Anderlecht où il retrouvait un de ses amis chanoine du lieu ? On y voit des portraits d’Erasme, d’Adrien de Floriszoon, lui-même chanoine d’Anderlecht, les premières éditions de l’auteur des Adages, de l’Instruction d’un prince, de l’Eloge de la Folie... Le temps était propice à la méditation dans le jardin philosophique qui jouxte la maison. Il fut difficile de s’arracher au charme de l’endroit pour regagner Arras.

Quelques commentaires après la promenade

* "Bravo ! Vous ne pouvez pas faire mieux !"

* "Merci de ces deux jours exceptionnels. Gérard Barbier a exprimé avec beaucoup de sensibilité ce que nous avons ressenti, ce que vous nous avez fait vivre...vous nous donnez l’envie d’apprendre davantage sur cette époque." (André et Nicole D., Röellecourt)

* "Nous voulions vous remercier de nous avoir permis de rencontrer Charles Quint dans ces villes Belges dont l’architecure est hors normes. Merci pour votre compétence, votre patience, votre savoir vivre à tous les deux. Promenade très appréciée. Choix des repas très judicieux." (Françoise et Marc P., Arras)

* "Merci Catherine et Frédéric pour cette belle balade sur les pas de Charles Quint que ce soit en Belgique, en Autriche, en Bourgogne et même à la Goulette ! J’ai beaucoup apprécié l’animation, les lectures et la musique, les détails sur la vie quotidienne qui ont rendu ce “Karl der Fünfte” plus proche de nous." (Odile de K., Arras)

* "vous remercier pour la remarquable sortie à Gand, Malines et Bruxelles avec Charles Quint. Dynamisme, culture, convivialité, vous nous avez transportés, c’était formidable. Merci !" (Réjane R., Arras)

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