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Le Cotentin de Barbey d’Aurevilly

"Portrait dépaysé, je cherche mon cadre. La société est faite de telle sorte que peut-être ne le trouverai-je jamais" (Lettre à Trébutien, 1850)

Un des grands dandys du XIXe siècle, animateur de la vie littéraire, Jules Barbey d’Aurevilly, est né dans un bourg du Cotentin, Saint-Sauveur-le-Vicomte. Toute sa littérature, fantastique, est inspirée des mœurs de la société aristocratique de son époque qu’il a observées au long de sa jeunesse tumultueuse dans ce pays de bocage. On peut découvrir le cadre des jeunes années de Barbey et de ses romans en une journée, en découvrant rapidement Saint-Sauveur, Valognes et si possible la mer à Barneville-Carteret. Mais pour mieux ressentir son inspiration, prenez le temps de vagabonder à la découverte des villages et des châteaux nichés dans la verdure de cette belle région trop méconnue.

La vie littéraire de Barbey, c’est à Paris qu’il faudrait la découvrir, mais c’est dans le Cotentin qu’il a puisé une grande partie de son inspiration. D’autres villes normandes peuvent compléter le parcours que nous proposons, comme Caen où il fit ses études de droit et où le modèle des dandys George Brummel, ruiné, avait terminé ses jours.

Circuit

* Saint-Sauveur-le-Vicomte

Ce qui impressionne le voyageur qui pénètre dans ce bourg qui fut beaucoup plus vivant il y a un siècle, est le majestueux château médiéval qu’on peut parcourir qu’elle que soit l’heure. Le donjon, la vieille tour ronde, les murailles en sont impressionnants. Ce lieu donne le ton de la promenade, nostalgique, d’un siècle où on adorait la lecture de Walter Scott. Au pied, du côté du terrain de camping, prenez l’allée de pommiers en goûtant -pourquoi pas - quelques espèces différentes, pour découvrir un petit cimetière où reposent Jules et son frère, Léon. Jules Barbey fut d’abord enterré à Paris où il était mort en 1889. C’est en 1926 que ces cendres furent ramenés dans ce village de ses origines. La boucle était bouclée.

Du côté du pont-levis vers la rue principale du bourg, le buste de Barbey (en médaillon sur cette page) sculpté par Rodin en 1909, exprime parfaitement la superbe de cet écrivain, nourri dans une famille catholique et monarchiste, aux idées contre-révolutionnaires.

On remonte la rue Bottin-Desylles et on arrive rapidement sur une petite place où se trouve la maison de son grand-oncle le chevalier de Montressel. C’est là, lors d’une partie de whist, que Jules est né à l’improviste le 2 novembre 1808. "Je suis réellement né le jour des Morts".

Ses parents habitaient plus loin dans la même rue, dans une grande maison notable avec un parc à l’arrière. Cette maison accueille depuis 1989 le passionnant musée Barbey d’Aurevilly. Tout est là, dans des espaces préservés aux vieux parquets et belles cheminées, depuis la paire de gants blancs, la canne et la tenue d’intérieur rouge et noire, le mouchoir brodé en rouge de "trop tard" qui lui servit le jour de sa mort, jusqu’aux lettres amoureuses, œuvres annotées ou tendrement dédicacées. Il y a notamment les dédicaces à Louise Read, sa secrétaire qui a partagé les dix dernières années de sa vie, une de ces nombreuses femmes qui furent le miroir de l’écrivain et dont Barbey avait besoin pour sortir de son angoisse. C’est grâce à elle que le musée fut créé en 1925, d’abord dans le vieux château.

* Valognes

Il faut passer une bonne demi-journée à découvrir cette petite ville que les guides ont trop souvent considérée comme détruite lors des bombardements du 21 juin 1944. Certes il y avait avant guerre une centaine d’hôtels particuliers mais il en subsiste encore une quarantaine, certes la nef de l’église est aujourd’hui de béton, mais les rues et ruelles, les "chasses", pleines de charme, préservent encore bien des secrets de bourgade provinciale.

Un circuit Barbey d’Aurevilly est disponible à l’office de tourisme sur la place du Château. Partez de là pour découvrir derrière des porches, les hôtels surannés fréquentés par Barbey et dépeints dans ses romans.

Au 31 rue de l’Eglise, l’hôtel Pontas-Duméril, propriété de l’oncle de Barbey, médecin voltairien et libéral, maire de Valognes, où Barbey a souvent séjourné.

Hôtel Pontas-Duméril

Un peu plus loin, l’hôtel de Beaumont le plus remarquable, se visite en grande partie. Prenez le temps de flâner dans ses beaux jardins en terrasses qui ont vu plus d’une aventure galante se nouer.

Rue des Religieuses, l’hôtel du Louvre où on peut toujours comme Barbey prendre une chambre ou se restaurer

Valognes, hôtel du Louvre

qui voisine avec l’hôtel Grandval-Caligny, où Barbey loua un appartement de 1872 à sa mort, pour passer l’été et se reposer de sa vie parisienne trépidante. C’est dans cet hôtel remarquable par sa galerie à l’italienne que Barbey acheva les Diaboliques.

Valognes, Hôtel Grandval-Caligny

L’hôtel Anneville du Vast, 7 rue des Capucins, était habité par les demoiselles de Touffreville, métamorphosées en Touffedelys dans Le Chevalier des Touches.

Celui-ci côtoie l’hôtel de Chantore et fait face à l’abbaye bénédictine où se retire la jeune héroïne du Chevalier des Touches.

Rue du Pavillon, c’est une jolie maison plus modeste de la fin du XVIIIe siècle, la Maison Hurtevent, que Barbey aurait aimé acquérir s’il avait su mettre quelque argent de côté.

Enfin, on pourra aller en voiture, rue Mauquet de la Motte, jusqu’au manoir du Broc (n°52), charmante demeure qu’on aperçoit derrière le mur du jardin, qui était la maison d’Armand Royer, violoniste et aquarelliste ami de Barbey qui venait chaque soir passer la soirée ici. Les alentours avec des lotissements ont hélas bien changé.

Barneville-Carteret

Si on en a le temps, on se rendra dans cette station balnéaire, aux belles plages de sable fin et on prendra le chemin des douaniers qui grimpe jusqu’au phare et aux ruines d’une vénérable chapelle dans la dune. Barbey est venu en pèlerinage solitaire durant l’hiver 1864 en ce lieu où il avait déjà fait chevaucher dans le vent, l’étrange héroïne d’Une vieille maîtresse en 1851.

Barneville-Carteret, vieille chapelle sur la falaise

Pour compléter la promenade

* Relisez Les diaboliques ou encore Le prêtre marié que Barbey considérait comme "le meilleur de mes livres".

* Achetez l’excellent catalogue du musée Barbey d’Aurevilly à Saint-Sauveur, Barbey d’Aurevilly, contre son temps. Un écrivain dans la tourmente du XIXe siècle, très illustré et agréable à parcourir. C’est l’œuvre de Mélanie Leroy-Terquem, aujourd’hui conservateur à la Bibliothèque nationale de France et qui était alors aux Archives départementales de la Manche. Vous pourrez bien sûr aussi le commander dans votre librairie préférée.

* Regardez Le rideau cramoisi, film réalisé par Alexandre Astruc en 1953 avec Anouk Aimée, même si les critiques en sont mitigées, voire plus.

* Restaurez-vous au Rideau cramoisi, bien sûr, à Saint-Sauveur, de surcroît très bon établissement.

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